Lecture: La nuit passera quand même

la nuit

Résumé: « La famille prit la direction de la mer le premier matin d’août. Ce fut un grand déménagement. Chacun muni d’une valise, d’un chapeau ou d’une casquette se vit également doté d’un attirail spécial à porter: un parasol, confectionné par Martha pour éviter d’en acheter un « les yeux de la tête » près de la plage, une canne à pêche, deux épuisettes et une bouée qu’on avait déjà gonflées pour être sûr qu’elle n’était pas percée mais qu’on n’osait plus dégonfler de peur d’endommager le système. La famille au complet sortit de l’appartement en short et en sandales. On n’avait d’ailleurs pas pris le temps de tester ces dernières et elles firent mal aux pieds avant même d’atteindre la bouche de métro. Tout le monde savait ce qu’il devait faire mais chacun criait à l’autre de faire quelque chose. Le casse-croûte fut donc scrupuleusement oublié sur la toile cirée élégante du salon. »
Dans  la famille Bernstein, Squatsh est le deuxième des trois enfants: avant lui il y a Ludovic, après lui Marie. Ses parents se nomment Simon et Martha. Ils tiennent une boutique, la Vie moderne, située au 393, rue des Pyrénées à Paris. Outre une famille, Squatsh Bernstein a des principes, comme de s’enfermer aux toilettes pour réfléchir ou de ne jamais porter d’imprimé fleuri. Il fait de la boxe et aime la danse. Pour le reste, il possède peu de choses: un scarabée dans une boîte en carton, des livres, une solide réputation et, quelque part, nichée dans un creux, la mélancolie des gens qui se cognent au monde.

Ce premier roman d’Emilie Houssa m’a laissée perplexe. L’idée de départ, donner une histoire à un personnage de film afin d’expliquer ce qui l’a conduit à la situation dans laquelle on le découvre dans le film est plutôt intéressante, je dois le reconnaître. Mais j’ai eu du mal à accrocher avec Squatsh, celui qui deviendra ce fameux garde du corps sur le balcon. Dès le départ, le fait qu’il n’ait pas de « vrai » prénom, ce qui le rend différent par nature de ses frère et sœur a créé pour moi une distance. On ne peut pas être réel avec un prénom pareil. J’aurais aimé que ce soit un surnom (c’est d’ailleurs peut-être le cas), et qu’on m’explique pourquoi. De plus, Squatsh est indéniablement bizarre. Trop bizarre là encore pour être vrai.

J’aurais pu être touchée par cet enfant différent, hypersensible, qui tente de protéger ceux qu’il aime, et qui le fera tout au long de sa vie. Mais ça n’a pas été le cas. Certaines scènes m’ont parlé, certaines scènes m’ont fait rire, en particulier le départ en vacances au bord de la mer, on s’y croirait, mais je ne suis pas entrée dans l’histoire. On est parfois à la limite de l’invraisemblance, comme les retrouvailles entre Geneviève, sa fille et la famille de Squatsh ou l’accumulation de drames qui touche Squatsh, comme si il concentrait sur lui tout le malheur du monde.

Au fond de moi j’ai bien ressenti la solitude de Squatsh, cette distance qu’il a avec le monde qui l’entoure, cette envie d’avancer malgré tout, qu’on ne peut qu’admirer au vu de ce qui lui arrive, mais je n’ai ressenti aucune empathie, et le livre me laisse une impression douce-amère, celle de ne pas avoir compris ce que l’auteur cherchait à nous dire, d’être passée à côté de quelque chose, mais sans vraiment savoir quoi.

Peut-être les cinéphiles trouveront ils des références dans les mots d’Emilie Houssa, peut-être que vous apprécierez plus que moi cette lecture, mais pour moi ce fut une déception par rapport à ce que la quatrième de couverture m’avait laissé espérer.

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